La christianisation des vikings: une décision politique des souverains – Viking-celtic

La christianisation des vikings: une décision politique des souverains

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La christianisation des vikings: une décision politique des souverains

La christianisation des marges de l'Empire fut une priorité pour Charlemagne et ses successeurs. Celui-ci entreprit la conversion forcée et violente des Saxons, voisins méridionaux des Danois, ce qui contribua peut-être à la multiplication des incursions Vikings en territoire francs,

Dès le début du 9e siècle, quelques chef danois acceptèrent le baptême, comme le roi danois Harald Klakk en 826, alliés de Louis le pieux. Ce dernier va alors dépêcher Le moine Anschaire, surnommé "l'Apôtre du Nord" pour une mission qui le mènera au Danemark et en Suède. En 1832 est créé l'évêché de Hambourg, conçu comme un avant-poste de la chrétienté dans le Nord et dont Anschaire, qui mènera une seconde mission au début des années 850, sera le premier titulaire. Mais c'est première tentative auront un effet très limité. En revanche, sur le plus long terme, les Vikings vont être en contact régulier avec le christianisme, que ce soit dans leurs relations politiques ou commerciales avec le monde occidental. Ainsi en 911, lorsque Rollon se verra attribuer par Charles le simple le territoire qui va devenir la Normandie, il devra se faire baptiser. Vers 965 le roi danois Harald à la dent bleue se convertit, ce qui est inscrit définitivement le royaume dans le christianisme. La Norvège deviendra chrétienne dans les dernières années du 10e siècle, quand à la Suède, il faudra attendre le début du siècle suivant pour qu'un processus de christianisme se met en place. Dans tous les cas, la conversion foot avant tout une décision politique des souverains, ce qui n'exclut pas l'existence d'authentiques convictions religieuses... En Islande, la décision fut prise lors de l'assemblée générale de l île en 999. À terme, un changement de religion implique, sinon un bouleversement, au moins une évolution en profondeur des manière de vivre et de penser.

Persistance des anciens récits

Imposé par le pouvoir, la nouvelle fois se développe lentement sans éradiquer totalement, en tout cas dans les premiers temps, le paganisme. Et si les pratiques cultuelles et rituelles furent vite prohibées, la transmission de récit mythique, héroïque et légendaire se poursuivit au cours du Moyen-Âge avec une vitalité exceptionnelle en Scandinavie et tout particulièrement en Islande; il est important de le signaler. L'originalité du Nord, c'est que cette tradition près chrétienne furent non seulement transmise de génération en génération pendant plus de 2 siècles, mais quelles furent confiées au parchemin par des auteurs ou des copistes qui avaient été éduqués dans le cadre des institutions ecclésiastiques et qui, pour certains, appartenait au clergé local. Ainsi, Ari le savant, le premier historien islandais, prêtre de surcroît, Adjoignit à son livre des Islandais, donc une part importante est consacré à la christianisation de L'île, sa propre généalogie qu'il fit remonter aux dieux païens.. seule soutient la comparaison l'Irlande médiévale ou un riche corpus de récit mythiques et héroïques fut consigné par écrit et nous est ainsi parvenu. Si les Islandais s'appliquèrent à transmettre des traditions s'enracinant dans la culture préchrétienne, ils furent sans doute influencés par leurs propres représentations chrétiennes qui purent dès lors s'insinuer, éventuellement à leur insu, dans les récits qu'ils donnaient du passé.

Influence chrétienne

Mais de telles "contamination" ne sont pas toujours aisées à déceler. Prenons l'exemple des descriptions de temples que nous livrent plusieurs saga des Islandais. Elles sont parfois assez détaillées dans l'image qu'elle donnent des lieux de culte comme du déroulement des cérémonies. Il se pourrait cependant que leurs auteurs aient pris comme modèle certains passages de la Bible où, plus simplement, les églises contemporaines et la liturgie chrétienne. Il est difficile d'avoir des certitudes dans ce domaine, mais il faut signaler que l'archéologie peine à trouver des preuves irréfutables de l'existence de temples païens en Scandinavie, renforçant ainsi le témoignage de sources qui affirment que les activités cultuelles, chez les Germains, se déroulaient en plein air.. quant à la poésie, certains champs mythologiques de L Edda semblent être des compositions relativement récentes, comme "les Dits du Très Haut" qui ont vraisemblablement été rédigés sous leur forme actuelle à la fin du 12e siècle, voire au début du suivant, même si de nombreux éléments de ce long poème didactique lié au dieu Odin remontent incontestablement à la culture païenne. Mais il ne nous est guère possible de reconstituer l'histoire de la transmission orale de ces textes, leur "préhistoire", avant leur mise par écrit tardive. Nous sommes ainsi confrontés à un entremêlement complexe de traditions anciennes autochtones et chrétiennes. Il est de toute façon vain d'imaginer une forme originelle et pur des mythes dans la mesure où l'une des caractéristiques de ces récits est justement leur capacité à se transformer, à évoluer et à se renouveler au gré de leur transmission...

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