Le dernier roi viking - Harald Hardrada

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Le dernier roi viking - Harald Hardrada

Un viking entreprit de récupérer les terres, les cultures et le pouvoir de ses ancêtres en Norvège. Son nom était Harald Hardrada. voici son histoire.

Au cours de sa vie mouvementée, Harald Hardrada fût tour à tour conquérant, exilé, mercenaire et seigneur de guerre. Mais, avant tout, c'était un viking. La légende Scandinave fait de lui le descendant d'Harald à la belle chevelure, premier roi légendaire de Norvège. Hardrada, dont le nom signifie "l'impitoyable" ou "le sévère" est issu d'une longue lignée de chefs vikings qui, tous, avait ravagé, pillé et saccagé les territoires d'Europe, avec une fréquence auparavant inimaginable. Les cultures, les paysages et les langues européennes furent influencés par l'ère viking. Hardrada né d'une prestigieuse ascendance, fut élevé avec cette idée que les nations de la Scandinavie dominèrent pendant près de 300 ans le monde connu.

Harald hardrada roi viking

C'est ce désir vieux de plusieurs siècles pour la guerre et la conquête qui poussa Hardrada à s'engager dans sa première bataille, en l'an 1030, quinze ans à peine après sa naissance à Ringerike, en Norvège. Olav Haraldsson, son frère, dût s'exiler en l'an 1028 après que Canut le Grand, roi du Danemark, s'empara du trône de Norvège. Mais après le retour d'Olav en l'an 1030, Hardrada obtint le soutien de 600 hommes de l'Oppland Norvégien et s'unit à son frère pour faire tomber Canut et reprendre la pays de ses ancêtres. C'est ainsi que le 29 juillet 1030, il attaqua les Danois lors de la bataille de Stiklestad.

Malgré le courage considérable dont ses troupes firent preuve sur le champ de bataille, Hardrada fût vaincu par l'armée Danoise et Olav périt pendant le combat. Hardrada réussit à en sortir vivant mais grièvement blessé. Sans l'aide de son ami Rognvald Brusason, le futur comte des orcades, il n'aurait jamais été capable d'atteindre, quelques semaines après la bataille, la ferme reculée dans l'est de la Norvège ou il trouva refuge, ni de se remettre de ses graves blessures.

Un mois passa , et peu à peu, Hardrada comprit ce qui s'était passé. Il avait trahi son père, son frère, la nation et ses vénérés ancêtres. Il avait échoué au premier obstacle, blessé par un envahisseur étranger qui restait maitre de son pays. Rongé par la culpabilité, il s'exila en Suède un mois après sa défaite, voyageant vers le nord à travers les montagnes, protégé par l'obscurité.

On ignore presque tout de ce qu'il fit au cours de l'année suivante, même les sagas restent muettes à ce sujet. tout ce que l'on sait aujourd'hui, c'est que presque un an après sa défaite à Stiklestad, il arriva dans la ville de Staraia ladoga dans la région de la Ruthenie Kievienne, dans le nord est de l'Europe. Les Kieviens étaient un peuple slave connu pour leur robustesse, leur habileté au combat et leur sens du commerce. Leur position géographique les plaçait entre l'est (largement contrôlé par l'empire byzantin) et l'ouest (occupé par la Scandinavie). Lorsqu'en l'an 1031, Hardrada quitta les contrées sauvages, son ascendance et son adresse au combat furent chaleureusement accueillies par le grand prince Kievien, Iaroslav Vladimirovitch, dont la femme Ingegerd était une parente éloignée d'Hardrada.

Iaroslav Vladimirovitch

Ayant besoin de chefs militaires Iaroslav Vladimirovitch fit immédiatement de lui le chef de son armée. Il l'envoya à la frontière occidentale pour se battre contre les Polonais qui étaient alors en guerre contre la Ruthénie. Le grand prince eut raison de lui faire confiance: le guerrier réussit une écrasante campagne contre la Pologne, tuant des centaines et des milliers de Polonais et les repoussant jusqu'aux confins de leur pays. Après cette victoire Iaroslav laissa Hardrada attaquer les Tchoudes d'Estonie et le peuple nomade des Petchenègues, qui se battaient depuis des décennies, par intermittence, avec la Ruthénie de Kiev.

Les combats atteignirent le même degré d'horreur. Hardrada était réputé redoutable sur le champ de bataille, comme mû par des forces surnaturelles, assoiffé de sang ennemi, se transformant en Berserker (guerrier fauve) que nul homme ne pouvait affronter.

Viking berserker

Avec ces victoires, il se forgea une redoutable réputation et une troupe de 500 mercenaires lui préta bientôt allégeance. Il étaient désormais la force combattante la plus crainte d'Europe, et, après avoir sécurisé les territoires Kieviens en l'an 1033 en quête de gloire et de fortune, ils prirent la route en direction du sud, vers Constantinople, capitale du riche et fabuleux empire byzantin, ils arrivèrent las bas en 1034 et Hardrada se présenta à l'empereur Michel IV. Celui-ci les employa immédiatement, lui et ses hommes pour servir dans la garde varangienne, une troupe de combat d'élite qui opérait directement sous ses ordres. En théorie, cette garde devait simplement protéger l'empereur, mais l'appétit d'Hardrada pour les combats était tel qu'il se battit bientôt sur tous les fronts de l'empire.

Hardrada devint le fléau de tout ennemi de l'empire byzantin, qu'il s'agisse des pirates de la méditerranée, des forces rebelles rassemblées en Sicile ou des bastions arabes dans l'Asie mineure. Il s'élançait, tel un taureau déchainé, sur le champ de bataille. Lorsqu'il retourna à Constantinople en 1041, il était célèbre pour ses talents de guerrier...Mais aussi pour son immense richesse. Sept ans de pillage lui avait en effet permis d'amasser une fortune qui rivalisait désormais avec celles de nombreux rois. Il envoya d'ailleurs une grosse partie de son butin à Iaroslav Vladimirovitch, pour les mettre en lieu sur.

La position d'Hardrada sous le règne de Michel IV était inattaquable, mais en décembre de l'an 1041, pris dans une guerre de succession, il tomba soudain en disgrâce. Quand il comprit qu'il ne pourrait jamais retrouver le rang qu'il occupait précédemment, il décida de fuir les tumultes de Constantinople et embarqua pour la Ruthénie par la mer noire. A son retour, sous l'accueil chaleureux qu'Iaroslav lui réserva, il épousa sa plus jeune fille, Elisif. Il s'installa quelques temps dans la capitale Kiévienne et resta en Ruthénie trois années supplémentaires.

Le temps passait, mais Hardrada restait marqué par sa défaite à Sticklestad. Il n'était pas retourné en Norvège depuis presque 15 ans et, malgré son immense richesse et les victoires qu'il avait remportées, il restait hanté par l'héritage que lui avaient laissé ses ancêtres. Coûte que coûte, son pays devait retourner entre les mains des Norvégiens. Il se mit donc en route pour la Norvège au début de l'an 1045. Lorsqu'il arriva en Suède, il apprit une excellente nouvelle: La Norvège était retournée entre des mains Norvégienne. Magnus le Bon, le fils illégitime de d'Olav occupait fermement le trône. Les fils de Canut le Grand avaient apparemment abandonné les terres tant aimées d'Hardrada et, désormais, ils se battaient pour le contrôle de l'Angleterre.

image harald hardrada

Hardrada reprit sa route et arriva en Norvège en l'an 1046, il conclut avec Magnus un accord lui permettant, contre la moitié de son immense fortune, de partager le trône avec lui. C'est ce qu'ils firent pendant deux ans, tous deux ne se rencontrant que rarement. Hardrada avait désormais tout ce qu'il souhaitait. Il possédait un vaste territoire, gouvernait son pays, tout en étant extrêmement riche. 

Toutefois, après deux ans de cette vie idéale, le sang viking se remit à bouillonner dans ses veines, l'entrainant dans une conquête du Danemark pour venger son frère. C'est ainsi qu'en l'an 1048, il pilla le Jutland, mit à sac et brula Hedeby, lieu de commerce le plus important du pays. Il lança également une colossale attaque navale contre Svend Estridsen, le prétendant au trône du pays. Ce fût la tristement célèbre bataille de la Nissa, qui vit Hardrada diriger 300 navires contre Svend

!bataille de la nissa

En dépit de la défaite infligée à Svend sur la Nissa et du succès des multiples raids qu'il lança au Danemark au cours des six années qui suivirent, Hardrada ne parvint jamais à s'emparer du trône tant convoité du Danemark. Pour des raisons financières, il fût contraint, à contrecœur, de déclarer la paix avec Svend en 1064. Alors comprenant qu'il ne parviendrait jamais à régner sur ce royaume, il jeta son dévolu sur un autre territoire.

 Knut le Hardi, fils de Canut le Grand, roi du Danemark, était aussi roi d'Angleterre jusqu'à ce qu'il meurt sans laisser de descendance en l'an 1042. Edouard II le confesseur se fit alors couronner et gouverna la nation insulaire pendant plus de 20 ans. Lorsqu'Hardrada apprit, au début de l'an 1066, qu'Edouard II était mort le 5 janvier, il décida immédiatement de se lancer une fois de plus dans une grande conquête viking. Agé de 50 ans, il devait savoir que sa vie arrivait à son terme. Il avait besoin de passer dans l'au delà et d'y retrouver ses ancêtres, de succomber encore une fois à l'appel de la guerre.

Dans le nord est de l'Angleterre, le peuple qui assista le 8 septembre 1066, à l'approche de 300 navires et 15 000 hommes, dût avoir l'impression de voir venir l'apocalypse. Jamais une arrivée viking n'avait été aussi imposante. En posant le pied sur le sol anglais, Hardrada était prêt à en découdre et au bout de 12 jours seulement, il avait écrasé 5 000 hommes lors de la bataille de Fulford. Enfin dans son élément après des années d'inactivité, Hardrada ignorait que ce serait la se dernière victoire. Cinq jours plus tard, son armée fût surprise par les puissantes troupes d'Harold Godwinson, désormais roi d'Angleterre, qui parcoururent à pied plus de 180 kilomètres en 4 jours pour rencontrer le seigneur de guerre viking lors de la bataille de Stanford Bridge. Ce fût un combat qui emporta Hardrada et qui eut un profond impact sur le futur de l'Angleterre et celui de l'Europe.

Quelques semaines seulement après sa victoire sur le chef viking, Harold Godwinson, sera lui même vaincu par le Duc de Normandie, Guillaume le Conquérant. Son échec fût principalement imputable à l'épuisement de ses troupes et à leur marche forcée vers York. A la suite de cela le duc devint Guillaume 1er. Il mettra en place la loi normande qui s'appliquera en Angleterre pendant plusieurs siècles. Celle-ci modifia l'économie, la langue, l'architecture, le droit et l'éducation. Lorsqu'enfin la présence normande en Angleterre disparut, le moyen Age avait depuis longtemps laissé place à la renaissance et sa culture nouvelle et enivrante, sa religion et sa science avaient balayé une grande partie de ce que fût jadis la forte présence viking en Europe.

portrait représentation guillaume le conquérant

Lorsqu'Harald Hardrada reçut son coup fatal sur le champ de bataille en Angleterre, c'était bien plus que la flamme d'une grande existence qui s'éteignait: ce fût la mort du dernier roi guerrier viking. 

  

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